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mercredi 23 septembre 2020

23 septembre 1870 : mort de l’écrivain et archéologue Prosper Mérimée

C’est à l’âge de 31 ans qu’il devient inspecteur général des Monuments historiques, fonction lui permettant, tout en effectuant de nombreux voyages pour recenser les monuments remarquables, de poursuivre des travaux littéraires auxquels il devait d’avoir déjà acquis une solide réputation

Prosper Mérimée à 5ans
Prosper Mérimée (1)


Son grand-père paternel était avocat au parlement de Normandie et fut intendant du maréchal de Broglie ; le fils de cet intendant fut le père de l’écrivain et il se nommait Léonor Mérimée. Il était peintre, ancien élève de David et d’une réputation fort honorable qui le conduisit au secrétariat général de l’École des Beaux-Arts. Ce Léonor écrivit des ouvrages de technique picturale, et mourut en 1836. Anna Moreau, la mère de Prosper, était peu fortunée. Elle était encore toute jeune fille, et même pensionnaire, lorsqu’elle fut rencontrée par Léonor Mérimée, qui, lui, avait déjà la quarantaine et allait lui donner des leçons de dessin. La différence d’âge entre les parents de Prosper était donc grande. Du côté de sa mère, il est l’arrière petit-fils de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, illustre écrivain auteur de nombreux contes, parmi lesquels on compte La Belle et la Bête.

C’est le 27 ou 28 septembre 1803 que le futur écrivain naquit. Il fut un enfant faible et maladif de qui l’on pensa souvent qu’il ne vivrait point. Il dut à cet état autant qu’aux dispositions attentives de ses parents d’être extrêmement choyé. Il y avait d’abord chez les Mérimée le goût des arts et de la lecture. La famille était cultivée et, à la maison, on lisait avec plaisir les conteurs du précédent siècle. Notez tout de suite que ce sont ces conteurs que l’on y choisissait, ces conteurs libertins, un peu secs, conviés cependant à la galanterie, tels que Laclos, Prévost, Crébillon le fils, car cela n’est peut-être pas sans influence sur la future carrière de Mérimée.

Il y a au sujet de l’enfance de Prosper une anecdote que l’on doit à Taine, dont Sainte-Beuve s’est servi et qui n’est d’ailleurs pas certaine. Prosper avait cinq ans ; ayant été puni et poussé hors de la pièce où sa mère se tenait, il se mit à pleurer. Lorsqu’on lui permit de rentrer, sa figure avait pris un tel aspect de désespoir pour une si petite cause que l’on rit. C’est à dater de ce jour que l’enfant aurait pris et tenu la résolution de toujours refouler ses sentiments.

jeudi 9 janvier 2020

9 janvier 1757 : mort de l’écrivain normand presque centenaire Bernard Le Bouyer de Fontenelle

Bernard Le Bouyer de Fontenelle
Fils d’un avocat et d’une mère sœur du grand Corneille, celui qui affirmait que « les hommes sont sots et méchants » mais qu’il avait à vivre avec eux, semblait d’une frêle constitution, vivant cependant près d’un siècle et n’ayant de la vieillesse que la surdité et l’affaiblissement de la vue.


Bernard Le Bouyer de Fontenelle naquit à Rouen le 11 février 1657 et mourut à Paris le 9 janvier 1757. C’est dans cet intervalle de temps, qui renferme un siècle entier moins quelques jours, que les plus grands écrivains dont s’honore la France ont commencé ou terminé leur carrière ; et parmi ces hommes illustres qui furent tous ou les amis, ou les ennemis, ou les rivaux de Fontenelle, qui tous le surpassèrent soit par la force, soit par l’originalité, soit par l’élévation de leur génie, aucun n’a été plus remarqué de son vivant ni plus célèbre après sa mort.

Il doit principalement cet avantage à la variété de ses connaissances, à la finesse de son esprit, à la souplesse et aux grâces d’un talent éminemment français, et qui ne pouvait acquérir son entière perfection et se déployer aussi heureusement que dans le pays qui l’a vu naître et dans le siècle où il a vécu : d’ailleurs, le mérite littéraire, qui seul recommande à notre souvenir tous les grands écrivains contemporains de Fontenelle, n’est en quelque sorte que la moitié de la renommée de ce dernier. Il a régné une telle harmonie entre ses écrits, ses principes et sa conduite, que l’histoire de sa vie, quoique peu variée et ne présentant rien d’extraordinaire, nous intéresse comme la peinture d’un de ces personnages achevés que notre imagination nous présente exempts des incohérences et des contradictions qui dans la vie commune déparent les caractères les plus distingués et déconcertent nos jugements.

Extrait d'un article  de "La France pittoresque"
Article proposé par  Yves Marion

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