Il
y a cent trente-six ans naissait l’Ecole normale d’institutrices du département de la Manche
Il y a cent trente-six ans,
naissait l’école normale de d’institutrices de la Manche en application de la
loi fondamentale du 10 août 1879.
La loi Guizot « sur
l’instruction primaire », promulguée le 28 juin 1833, obligeant,
notamment, chaque département à avoir
une école normale de garçons, ne s’appliquait pas aux filles. L’ordonnance du
23 juin 1836 étendait aux filles certaines dispositions de cette loi, à
l’exclusion des articles 11 et 12, touchant précisément à la création d’écoles
normales pour jeunes filles dans chaque département. Malgré tout, quelques
écoles normales se créèrent ainsi que des « cours normaux »[1] le
plus souvent tenus par des congréganistes. La première date de 1838 et on en
comptait 8 en 1848 et 11 en 1863. Les cours normaux, eux, se développèrent plus
rapidement : 30 en 1845 et 53 en 1863. Il fallut cependant attendre l’avènement
de la IIIe République pour que la loi
dite Paul Bert[2]
fut promulguée par le Président de la République Jules Grévy. La loi, en sept
articles, obligea chaque département à disposer d’une école normale primaire de
garçons, et, en outre, ce qui était nouveau, d’une école normale primaire de filles[3].
C’est ainsi que le préfet
de la Manche fit savoir, lors de la session du 1er août 1882, au
Conseil général, que plans et devis avaient été approuvés pour établir, à
Coutances, une école normale de jeunes filles. Les travaux débutèrent le 22
octobre 1883. L’excellente contribution que Robert Delaunay, inspecteur
départemental honoraire de l’Education nationale, donna à l’Amicale[4],
lors de la manifestation de commémoration du centenaire et qui fit l’objet
d’une publication dans un numéro spécial, intitulée L’histoire brève… d’une naissance, disait l’essentiel. Chacun
voudra bien s’y reporter. Il retraçait en quelques lignes la cérémonie qui eut
lieu le 27 janvier 1884 pour la pose de la première pierre.
C’est sur cette
manifestation que nous voudrions revenir. Tout ce que le département comptait de
personnages importants fut, pour l’occasion, mobilisé : le ministre
de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, lui-même, était attendu. Armand
Fallières[5]
devait accompagner son collègue, David Raynal[6],
chargé des Travaux publics car il s’agissait de surcroît d’inaugurer la ligne
de chemin de fer allant de Sottevast à Coutances. L’inspecteur d’académie en
était. Ce sont ses notes que nous proposons.


