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lundi 13 juin 2022

Ecole normale de jeunes filles de la Manche, promotion 1940-1943

Don de jean-Claude Bisson, un carton et un cliché de la promotion 1940-1943 de l'école normale de jeunes filles de la Manche.  Ce carton dit de promtion est au format 12 x 16 cm, plié par le milieu.

Il était dans la tradition des écoles normales de produire un carton-souvenir de la promotion en élaborant une formule avec l'une des lettres contenues dans chacun des noms. La promotion 1940-1943 n'y a pas failli. Avec les 24 noms fut construite la devise suivante : " L'EN ETAIT UN REVE, UN JOLI REVE".




Tout aussi intéressant est le dessin "Escale" de la première page du carton. Nous savons que les écoles normales furent remplacées par des instituts de formation professionnels (IFP) en 1941 par l'universitaire Jacques Chevalier, secrétaire d'Etat à l'Education du gouvernement de Vichy. Cela étant, les normaliens et normaliennes, qui auparavant passaient le brevet supérieur qui était un brevet de capacité à enseigner du premier dégré, furent autorisés à préparer et à passer le baccalauréat, premier diplôme universitaire. Dans la Manche, m'avaient raconté Denise Etur et Roger Yonnet, son mari, tous les deux enseignants aux cours complémentaires de Périers et qui ont vécu la même expérience dans la promotion suivante, les normaliens et normaliennes firent, ces années-là, leurs études secondaires au collège d'Avranches. 

D'ailleurs, observons attentivement le dessin. Nous voyons, sur la droite, la mention "BAC" et à bien y regarder, sur l'immeuble qui est en dessous, est clairement écrit "COLLEGE". 



Mieux encore, un cliché carré 6 x 6 cm représente les filles de la promotion, avec au dos, leurs noms. 



Si certaines personnes se reconnaissent, connaissent ou ont connu ces normaliennes, nous serions heureux qu'elles se manifestent auprès des responsables de la Maison de l'histoire de l'école dans la Manche (MHEM). 

Documents référencés : MHEM-3479
Yves Marion, 13 juin 2022

vendredi 25 février 2022

25 février 1795 : fondation des écoles centrales départementales par Lakanal

 

Citoyens

« Il est arrivé ce jour qu’appelaient la patience et le vœu de tous les amis de la félicité publique… L’instruction publique, en effet, n’est-elle pas le plus grand des biens que la Patrie puisse donner à ses enfants ? Bannissons pour toujours cette gymnastique inhumaine et barbare des Grecs et des Romains qui travestissant les peuples en bêtes féroces, en faisait une société de gladiateurs et d’athlètes... Qu’elle ne doit donc point être, citoyens, la reconnaissance des habitants de ce département et de ceux de cette cité en particulier pour ces établissements connus sous le nom d’Ecoles centrales. Elevés sur tous les points de la République, ces phares lumineux vont briller d’un éclat inconnu… De ces sanctuaires ne sortiront que d’utiles vertus, que des préceptes salutaires de morale et de vrai républicanisme, que les principes constants et invariables qui puissent servir pour toujours de régulateur à la jeunesse et lui tracer une règle de conduite qui ne soit en aucun temps démenti… Telles sont, citoyens, les grandes destinées auxquelles sont appelées les Ecoles centrales. »

C'est en ces termes que s’exprimait Joseph Frain, administrateur et commissaire du directoire exécutif, le 20 vendémiaire an V de la République, lors de l’inauguration de l’école centrale du département de la Manche dans les locaux rénovés de l’ancien collège d’AvranchesAux propos du citoyen Frain succédèrent ceux, plus nuancés, du député Asselin, de Cherbourg. Perrin, professeur d’histoire naturelle, au nom de ses collègues, décrivit les programmes d’enseignement proposés. Aussitôt, une annonce fut rédigée et, sur le champ, publiée et affichée pour informer les citoyens que les cours commenceraient le lendemain à l’heure fixée.

 Collège d'Avranches. Coll. pers. 

Yves Marion, 25 février 2022



mercredi 2 juin 2021

mardi 22 décembre 2020

Un Ministre de l’Instruction publique en visite à Saint-Lô

Le 9 octobre 1847, Saint-Lô accueillait le Ministre de l’Instruction publique, le comte de Salvandy. A cette occasion la ville offrait un banquet. Charles Feuillet-Despallières y était présent. Il raconte.

Le 9 octobre 1847, Saint-Lô accueillait le Ministre de l’Instruction publique, Monsieur le comte de Salvandy. Il se rendait le lendemain à Coutances pour l’inauguration de la statue érigée pour l’architrésorier Lebrun, duc de Plaisance.

mardi 21 janvier 2020

Un ministre de l'Instruction publique en visite à Avranches, en 1905

Avranches, à l'automne 1905, eu les honneurs de recevoir un ministre. Jean-Baptiste Bienvenu-Martin, ministre de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes du 24 janvier 1905 au 14 mars 1906, effectua une visite officielle à Avranches du 31 septembre  au 2 octobre 1905. Dans le gouvernement de Maurice Rouvier il participa activement à la discussion de la loi de séparation des Eglises et de l'Etat.



Jean-Baptiste Bienvenu-Martin



Bulletin mensuel de l'Instruction publique dans le département du Calvados. N° 1, janvier-février 1905, p. 1




Le ministre fut reçu avec les honneurs dus à son rang par Maurice Chevrel, maire de la ville, inspecteur général de l'Instruction publique et ancien inspecteur d'académie du Calvados. Pour l'occasion, la ville s'était parée des habits de la république. Le ministre, arrivé par le train de nuit, vers une heure du matin, fut accueilli par une délégation de deux-cents personnes. Le programme était chargé : remise des palmes académiques à Mlle Chevalier, directrice de l'école de filles de Villedieu, inauguration du pont viaduc sur la Sée, inauguration du collège secondaire de jeunes filles d'Avranches, pose de la première pierre de la Caisse d'épargne... Le maire d'Avranches était accompagné d'Edgard Zevort, recteur de l'académie de Caen. Banquets, réceptions et inaugurations furent l'occasion de discours particulièrement intéressants. Les prises de position sur le rôle et la fonction des instituteurs sont significatives de l'engagement qu'on leur reconnait. Ce n'est guère surprenant quand on sait que le ministre vient de la gauche radicale et démocratique. Furent évidemment évoqués les débats sur la loi en préparation qui sera adoptée le 9 décembre 1905 garantissant la liberté de conscience et affirmant la neutralité de l'Etat en matière de religions.

Nous devons à V. Letreguilly une description détaillée de cette visite publiée dans le Nouvelliste, journal dont il était le directeur-propriétaire.







Collection Jean-Claude Bisson

Pour lire l'article de Victor Letreguilly https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k164931x.image

Yves Marion
MAJ 22 janvier 2020

- Maurice Chevrel, agrégé ès lettres, officier de la Légion d'honneur, né à Avranches le 6 mars 1849, mort à Avranches en 1923 en fonction de maire. Il fut professeur au lycée Condorcet avant d'embrasser une carrière d'inspecteur d'académie puis d'inspecteur général.
-  Victor François Letreguilly est né à saint-Lô le 14 janvier 1853. Il crée à Avranches une imprimerie, typo-lithographique dont l'activité débute le 17 mai 1875. Il y ajoutera une librairie le 14 octobre 1878. Dictionnaire des imprimeurs-typographes du XIXe siècle. Archives Nationales F18 2263. 

mercredi 6 novembre 2019

Un inspecteur d'académie peu tolérant avec les acteurs en herbe du collège d'Avranches

Le 21 juin 1889, les habitant d'Avranches  étaient invités à une représentation théâtrale organisée au bénéfice des pauvres.  Dans la troupe du Théâtre Tabarin figuraient quelques élèves du collège. Au programme, des comédies d'Eugène Labiche, de E. Grenet-Dancourt, de J. Moineaux et une comédie-bouffe de A.G. Le tout ponctué de monologues et chansonnettes comiques. L'intention était de poursuivre par une série de représentations durant l'hiver.



L'intention ne fut guère appréciée de l'inspecteur d'académie qui voyait-là un motif de distraire les élèves de leurs études. Ce qui pourrait être un sujet  de critiques de la part des adversaires du collège. Wilfrid Marie-Cardine, inspecteur d'académie en résidence à saint-Lô de 1881 à 1891, s'en confia au recteur, lui suggérant  d'intervenir auprès du principal de collège en conséquence. Il est vrai aussi que le collège se trouvait à ce moment mêlé à une fâcheuse affaire qui mobilisait l'opinion sur un fonds de conflit religieux. Néanmoins, l'avis, en retour, du recteur se montrait plus tolérant, estimant qu'il fallait mieux laisser faire dans la mesure où, externes, les élèves avaient l'autorisation des parents. L'inspecteur d'académie se montrait soucieux à la fois de l'image de l'établissement et aussi de l'intérêt des élèves. Autres temps ...


Yves Marion, 6 novembre 2019

Source : Archives départementales du Calvados, T 1447.

lundi 25 février 2019

L’École centrale du département de la Manche à Avranches (1795-1808) et ses professeurs

25 février 1795, création des écoles centrales départementales.

A la fin du XVIIIe siècle, la Manche comptait six collèges. La Révolution, soucieuse de mettre en œuvre une société nouvelle, mit un terme à l’activité de ces collèges de l’Ancien régime en nationalisant les biens du clergé et, par le décret du 27 novembre 1790, en exigeant, de tous les ecclésiastiques, l’obligation du serment constitutionnel. Les collèges se vidèrent de leurs forces enseignantes en même temps que se vidèrent les églises. Mais consciente qu’une société ne peut longtemps survivre sans former ses enfants, la Convention créa les Écoles centrales pour remédier à cette situation.

PV de l'ouverture de classe

Procès-verbal de l’ouverture des classes et de l’installation des professeurs de l’École centrale de la Manche, 20 vendémiaire an V. Archives départementales de la Manche, fonds Canu, 135 J 1.



C’est au nom du Comité d’Instruction publique, que Lakanal fit adopter, le 7 ventôse an III, le projet de décret sur les Écoles centrales qui furent officiellement créées le 26 frimaire suivant*. « Au-dessus des écoles primaires s’élèveraient donc les Écoles centrales qui porteraient ce nom en raison de leur situation au centre des écoles primaires de chaque département et de la portée de toutes les matières enseignées ». Cette nouvelle institution d’enseignement était originale, tant par ses contenus que par les modalités proposées. Selon le premier chapitre de la loi, il devait y avoir, dans chaque département une École centrale par tranche de 300 000 habitants. Chacune de ces écoles devait comporter quatorze chaires d’enseignement. En outre, les leçons devaient être données en français. En outre, auprès de chaque école, il devait se trouver une bibliothèque publique, un jardin et un cabinet d’histoire naturelle, un cabinet de physique expérimentale, une collection de machines et modèles pour les arts et métiers. L’enseignement ainsi proposé était assurément novateur, profondément moderne, très éloigné de l’humanisme antique que proposaient les anciens collèges.

Dans la Manche, d’emblée, plusieurs villes se manifestèrent pour obtenir le droit d’ouvrir une École centrale : Saint-Lô, Coutances, Valognes, Avranches. Au regard de la population, le département devait pouvoir se doter de deux Écoles. Les candidatures d’Avranches et de Valognes furent avancées. Après d’âpres débats seule la première fut autorisée. La loi du 25 messidor an IV ratifia l’affectation des bâtiments de l’ancien collège pour accueillir l’École centrale de la Manche. De cette École centrale, il ne reste, aujourd’hui, aucune trace, hormis, le jardin botanique. Dès le 24 brumaire an V, l’administration mit à la disposition de l’École centrale, un terrain enclos de murs situé tout près de l’école, « le jardin légumier des ci-devants Capucins et la portion de terre y adjacente formant ensemble une étendue de 7 vergées 22 perches ». Un procès-verbal, daté du 20 vendémiaire an V, conservé aux Archives départementales de la Manche, fait état de l’ouverture des classes et de l’installation des professeurs.


Qui vient à visiter ce superbe jardin des plantes d’Avranches tout orienté vers le remarquable panorama que constituent le Mont-Saint-Michel, sa baie, et les sinueux rubans argentés qui l’arrosent, ne se doute pas qu’en franchissant la grille d’entrée, il entre dans le jardin botanique de l’ancienne École centrale de la Manche. A cet instant, s’il levait les yeux, il distinguerait nettement les lettres « JB » entrelacées prouvant qu’il s’agit bien du jardin botanique que fréquentèrent les élèves entre 1796 et 1803.



 Sommet de la grille d’entrée de l’actuel jardin public d’Avranches



Sommet de la grille d’entrée de l’actuel jardin public d’Avranches. Cliché Yves Marion.

La loi du 11 floréal an X, en mettant un terme à l’expérience des Écoles centrales, tourna le dos, et pour longtemps, à un enseignement scientifique et novateur orienté vers une économie moderne de type industriel. L’éducation devint un monopole de l’État. La première étape, ouverte par la loi de floréal an X, fut suivie d’une seconde, créant, en 1808, l’Université impériale. La page était bien tournée.

L'Ecole centrale de la Manche

                                                                       Ouvrage de Madeleine Deries. Original. Collection Yves Marion.


Liste des professeurs de l'école centrale du département de la Manche à Avranches


NOM
Prénom
Fonction
COSTIN
Jean-Jerôme
Legislation
ROBINET
Jean-Louis
Chimie physique expérimentales
LAMBERT
Charles Cyprien

CERISIER
Julien
Bibliothècaire
GILBERT
Guillaume Jean
Belles Lettres
GARDIN
Bernardin
Langues anciennes
MAUGET[1]
Etienne
Langues anciennes
POMMEREAU
Jean-Pierre Aimé
Grammaire générale
POUCHIN DESCRETTES
Jacques
Mathématiques
BAUDIN
Alexandre-Louis
Refus de poste
LECHEVALIER
Jean-Pierre
Histoire naturelle
LANGEVIN
Guillaume André
dessin
LANGEVIN
Auguste
dessin
BONAMI-DUBUISSON
Louis
Directeur du jardin botanique
LESPLU-DUPRE
Joseph
Bibliothécaire adjoint de Cerisier
PERRIN
François
Histoire naturelle




[1] MAUGET n’est plus mentionné en l’an X. C’est GARDIN qui est chargé des langues anciennes
Yves Marion
25 février 2019
https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article3070
Sources
- MARION, Yves, Quand les enfants du peuple avaient leur école,  préface Mona OZOUF, Cherbourg, Isoéte, 2012, 294 p.
- DERIES, Madeleine, L'Ecole centrale du département de la Manche, Saint-Lô, imp. Jacqueline, 1923, 164 p.
- PEPIN, Louise, "Un haut lieu de la pensée, l'école centrale d'Avranches", La Manche libre, 1 janvier 1984.
- PEPIN, Louise, "1795, une création révolutionnaire. l'école centrale d'Avranches", La Manche libre, 28 janvier 1990.
- MARION, Yves, Madeleine Deries, première docteure "es histoire", Caen, PUC, 2017, 350 p.





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