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Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Mme Marie. Trier par date Afficher tous les articles
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mercredi 5 juin 2019

Des jeunes filles sous les bombes : le cours complémentaire de jeunes filles de Périers en 1944

Louise Jouvin épouse Marie, "Madame Marie", avait été directrice du cours complémentaire de jeunes filles de Bréhal avant de remplacer, en 1934, Mlle Travers à Périers. En 1944, elle était donc directrice du cours complémentaire de jeunes filles de Périers quand l'immeuble ne résista pas aux bombardements. Il brûla. 
Le 75e est l'occasion de se souvenir.  
Mme Marie livra  en un émouvant livre souvenir le témoignage unique de ses pensionnaires :"A l'angle de la place de l'Hôtel-de-Ville et de l'avenue de la Gare, un grand établissement éveillait la curi osité du touriste : c'était le cours complémentaire de jeunes filles de Périers qui fut une école primaire supérieure de 1905 à 1922".
Le 5 juin, Périers subit son premier bombardement. D’autres suivirent , détruisant la ville en quasi-totalité. Jour après jour, la directrice relate les événements, les sentiments de peur et d’angoisse qui en découlent, l'état de la ville. Face au danger, il lui faudra prendre d'importantes décisions pour mettre en sécurité les jeunes filles qui lui avaient été  confiées : d’abord dans une ferme environnante, puis sur les routes, aux creux des chemins. En plein cœur de la bataille de Normandie, elles connaîtront l’exode, avant de retrouver un semblant de quiétude à Gouville, puis à Coutainville. Puis, Le 5 août, ce fut le retour pour retrouver une ville en ruine. Par la suite, l'orphelinat de Vaudrimesnil accueillera les jeunes filles jusqu'à la reconstruction d'un cours nouveau cours complémentaire sur la place du Fairage, dans le prolongement de celui des garçons.

Mme Marie, Des jeunes filles dans la bataille de Normandie, juin-juillet 1944. Carnet de bord des pensionnaires sous les bombes, Préf. M. Lebas, préfet de la Manche, Alençon, Imprimerie alençonnaise, 1949, 240 p. Ed. originale.



Edition originale. Collection Yves Marion.

Yves Marion
6 juin 2019

mercredi 11 août 2021

Conférence "La vie tumultueuse de Mme de la Peltrie de 1603 à 1639" par Roger Barette


Dans le cadre du 4e rendez-vous d'histoire de Québec

 La vie tumultueuse de Mme de la Peltrie en France de 1603 à 1639

par Roger Barette

11 août 2021 ( à midi, heure du Québec / 18h00 heure de France), 

Vous pourrez visionner sur YouTube  « La vie tumultueuse de Mme de la Peltrie en France de 1603 à 1639 ». Vous constaterez que sa vie a été mouvementée comme un film plein de rebondissements (faux mariage, espionnage, procès, etc.).

N'empêche que cette jeune veuve - entêtée - a financé et cofondé en 1639 la première école de filles en Amérique du Nord qui accueillait les jeunes Autochtones et Françaises : le couvent-école des Ursulines à Québec.  Cette institution d'enseignement existe toujours dans la Haute-Ville de Québec. 

Madame de la Peltrie a joué un rôle dans l'histoire des Barrette puisque l'ancêtre Jean Barette (originaire de Beuzeville, en Normandie) a vécu plusieurs années à ses côtés. Pendant douze ans (1646 à 1658), il a été l'un des employés de Marie-de-l'Incarnation, la mystique et supérieure des Ursulines. En fait, les gages (salaire) de Jean Barette étaient payés grâce aux dons annuels que Mme de la Peltrie faisait aux Ursulines pour faire fonctionner l'école et construire les bâtiments nécessaires (classes, dortoir, réfectoire, achat de la nourriture et des vêtements, etc. ). En 1647, Jean Barette a été parrain d'une des Amérindiennes qui étudiaient chez les Ursulines (il avait 17 ans).

Ma conférence fait partie du colloque international qui souligne le 350e anniversaire du décès, à Québec, de cette pionnière de la Nouvelle-France. Mme de la Peltrie a aussi été cofondatrice de Montréal.  Mon collègue et ami de Langres, Jean-Paul Pizelle, prononcera demain une conférence sur cet aspect de la vie de Mme de la Peltrie. 

Si vous n'êtes pas libres demain au moment de la première diffusion, vous pourrez visionner ma conférence par la suite sur la chaîne YouTube des Rendez-vous d'histoire de Québec. 

Voici le lien : 

https://rvhqc.com/#!/fiche/2/la-vie-tumultueuse-de-madame-de-la-peltrie-en-france-de-1603-a-1639

 

Roger nous souhaite un bon visionnement et espère nous revoir bientôt.

 






mercredi 12 octobre 2022

" Charles-Marie de Feletz, un membre de l'Institut sous l'Empire et la restauration" par Mme Chantal Procureur, agrégée d'histoire, Docteur en histoire

Remercions Mme Chantal Procureur pour sa brillante communication  : au travers d’un personnage aux multiples facettes, elle a su aborder une période mal connue de l’histoire de l’école et de l’éducation, laquelle, pourtant, préfigure la très importante mutation opérée par François Guizot. C’est en authentique historienne, chercheuse passionnée et rigoureuse, qu'elle a présenté son personnage dans une période qu'elle affectionne plus particulièrement. Un merci d'autant plus appuyé qu'elle tenait à en accorder l'exclusivité à l'AMOPA de la Manche et à la MHEM dont elle respectivement vice-présidente et membre administrateur actif de l'une et de l'autre des deux associations co-organisatrices de cette conférence donnée dans le salon d'honneur de l'Hôtel de ville de Carentan-les-Marais.  Les président de l'AMOPA et de la MHEM, comme l'ensemble des membres ont été particulièrement touchés de cet honneur d'être les premiers dans le département à partager l'histoire de Charles-Marie de Feletz, sujet de la thèse dirigée par Jacques-Olivier Boudon et soutenue, l'an dernier, en Sorbonne, devant un jury présidé par le célèbre historien Jean Tulard. Ce fut l'occasion de lui renouveler nos plus vives et sincères félicitations. 

Yves Marion, président de la MHEM


La conférencière. cliché Yves Marion, Carentan, 8 octobre 2022

Chères amies, chers amis,

 

Je vous remercie de bien vouloir relayer le plus largement possible autour de vous cette invitation pour une conférence donnée par Mme Chantal Procureur, organisée conjointement par l’Amopa de la Manche et la Mhem, samedi 8 octobre, à 15 heures, dans le salon d’honneur de l’Hôtel de ville de Carentan.

 

Soyez-en remerciés par avance.

 

Bien cordialement.





samedi 23 février 2019

Paul-Jacques Bonzon (1908-1978), instituteur de la Manche formé à Saint-Lô et romancier pour la jeunesse à succès


Couverture "La roulotte du bonheur, première édition, 1961"
La roulotte du bonheur, première édition, 1961.

Paul-Jacques Bonzon, instituteur et directeur d’école, est surtout connu pour être l’un des auteurs français de romans pour la jeunesse parmi les plus appréciés des jeunes lecteurs des années soixante-dix, quatre-vingt.

Ses origines manchoises sont incontestables.

Elles le sont par son père issu de la première génération des Bonzon nés dans le département de la Manche. Elles le sont par sa mère, native de Sainte-Marie-du-Mont, et par sa grand-mère originaire de la région de Périers. Lui-même est né à Sainte-Marie-du-Mont, le 31 août 1908, dans la maison de son grand-père maternel.

Demeurant à Saint-Lô, rue Porte-au-Four, après une bonne scolarité à l’école primaire supérieure, il est admis, en 1924, après concours, à entreprendre une formation d’instituteur à l’Ecole normale de la Manche. Il en sort en 1927 avec le brevet supérieur. Nommé à Percy, il n’exerce le métier que peu d’années dans le département où il a été formé avant d'intégrer, en 1935, celui de la Drôme où il effectua l’ensemble de sa carrière.

Second « Prix Jeunesse » en 1953, « Prix Enfance du monde » en 1955, « Grand prix du Salon de l’Enfance » en 1958, Paul-Jacques Bonzon a laissé de nombreux ouvrages aux titres évocateurs. Certains reviennent immédiatement à la mémoire : L’éventail de Séville, Le voyageur sans visage, Le Viking au bracelet d’argent, pour n’en citer que quelques-uns. Paul-Jacques Bonzon est aussi l’auteur de séries qui ont largement contribué au succès de l’éditeur Hachette comme Les six compagnons (quarante-neuf titres), La famille H.L.M. (vingt titres) ou, pour les plus jeunes, la série Diabolo, le petit chat noir (sept titres). Le romancier reste très attaché à son département d’origine. Il y situe plusieurs de ses histoires.  Il est vrai qu’il revient régulièrement à Barneville-sur-mer où se sont retirés ses parents.

Instituteur, fervent adepte de l’esprit coopératif à l’école, Paul-Jacques Bonzon a largement contribué, avec d’autres, au développement de la littérature pour la jeunesse dans cette seconde moitié du XXe siècle[1].

Le romancier n’oublie cependant jamais qu’il est avant tout un pédagogue et un éducateur. La fiction, pour lui, a une fonction éminemment éducative.  C’est si vrai qu’il va proposer des ouvrages pour l’école, des livres scolaires de lectures suivies. Ils seront tous publiés chez l’éditeur Delagrave. Le premier, La roulotte du bonheur, a d’abord été proposé à la Librairie Hachette. La fiche de lecture[2] en date du 15 octobre 1958 porte la note suivante : « L’aventure est mince mais la psychologie est très justement observée […] Outre son roman, l’auteur a voulu ajouter un côté pédagogique […] qui […] semble intéressant. » Le manuscrit ne retiendra pas l’intérêt des éditions Hachette, mais celui de l'éditeur Delagrave, spécialisé dans les manuels scolaires. Le roman prend alors une forme adaptée  à l'école primaire et plus particulièrement à la pédagogie de la lecture. Les chapitres sont découpés par journées de lecture. L’appareil pédagogique est intentionnellement réduit pour favoriser la fluidité de la lecture. Cependant, chaque chapitre comporte un lexique spécifique. L’ensemble du cursus de l’école élémentaire est ainsi couvert par onze ouvrages qui constituent une suite originale de lectures suivies pour l’école élémentaire. Pompon, le petit âne des Tropiques, réalisé en collaboration avec monsieur Pédoja, un inspecteur primaire de l’Education nationale, est plutôt destiné à des petits élèves des pays francophones. Ces ouvrages scolaires ont bénéficié d’un vrai courant de sympathie des collègues enseignants. Ce fut notamment le cas dans le département de la Manche. Qui, en effet, ne se souvient pas de l’oncle Figue du Jardin de Paradis et du « mal de chameau » dont sont affectés les petits héros ? ou encore de la traversée du département du jeune Bertrand, de la région d'Omonville à Barenton au Café des Bocages chez la bonne Mme Caniou ....? Ou encore de la délicate intégration de Magali, cette petite Marseillaise à l'accent si peu normand, d'Ahmed et Magali, dans l'école de Bricquebec ?...



ANNEE
TITRE
NIVEAU
1960
LA ROULOTTE DU BONHEUR : LIVRE DE LECTURES SUIVIES
CM
1962
LE CHALET DU BONHEUR
CE, CM1
1964
LA MAISON AUX MILLE BONHEURS : LIVRE DE LECTURES SUIVIES
CE
1965
LE JARDIN DE PARADIS : PREMIER LIVRE DE LECTURE COURANTE
CE
1967
LE RELAIS DES CIGALES : LIVRE DE LECTURES SUIVIES
CM
1968
LE CHATEAU DE POMPON : PREMIER LIVRE DE LECTURE COURANTE
CP
1975
POMPON A LA VILLE : PREMIER LIVRE DE LECTURES COURANTES
CP
1975
LE CIRQUE ZIGOTO : LIVRE DE LECTURES SUIVIES
CE
1976
YANI : LIVRE DE LECTURES SUIVIES,
CM
1978
AHMED ET MAGALI
CM
1980
POMPON LE PETIT ANE DES TROPIQUES (avec M. Pédoja)


Ouvrages scolaires de lectures suivies publiés chez Delagrave.


Tous ces ouvrages sont consultables dans les fonds de la Maison de l’histoire de l’école dans la Manche (MHEM) où ils ont été déposés. Le plaisir de retrouver ses lectures de l’école primaire sera incontestablement au rendez-vous.

Yves Marion
23 février 2019


Collection d'ouvrages de PJ Bonzon





[1] Voir biographie : Yves Marion, De la Manche à la Drôme, itinéraire de l’écrivain Paul-Jacques Bonzon, instituteur et romancier pour la jeunesse, Marigny, Eurocibles, 2008, 315 p.
[2] IMEC. Fonds Hachette. HAC-S14-C22B3

mercredi 23 septembre 2020

23 septembre 1870 : mort de l’écrivain et archéologue Prosper Mérimée

C’est à l’âge de 31 ans qu’il devient inspecteur général des Monuments historiques, fonction lui permettant, tout en effectuant de nombreux voyages pour recenser les monuments remarquables, de poursuivre des travaux littéraires auxquels il devait d’avoir déjà acquis une solide réputation

Prosper Mérimée à 5ans
Prosper Mérimée (1)


Son grand-père paternel était avocat au parlement de Normandie et fut intendant du maréchal de Broglie ; le fils de cet intendant fut le père de l’écrivain et il se nommait Léonor Mérimée. Il était peintre, ancien élève de David et d’une réputation fort honorable qui le conduisit au secrétariat général de l’École des Beaux-Arts. Ce Léonor écrivit des ouvrages de technique picturale, et mourut en 1836. Anna Moreau, la mère de Prosper, était peu fortunée. Elle était encore toute jeune fille, et même pensionnaire, lorsqu’elle fut rencontrée par Léonor Mérimée, qui, lui, avait déjà la quarantaine et allait lui donner des leçons de dessin. La différence d’âge entre les parents de Prosper était donc grande. Du côté de sa mère, il est l’arrière petit-fils de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, illustre écrivain auteur de nombreux contes, parmi lesquels on compte La Belle et la Bête.

C’est le 27 ou 28 septembre 1803 que le futur écrivain naquit. Il fut un enfant faible et maladif de qui l’on pensa souvent qu’il ne vivrait point. Il dut à cet état autant qu’aux dispositions attentives de ses parents d’être extrêmement choyé. Il y avait d’abord chez les Mérimée le goût des arts et de la lecture. La famille était cultivée et, à la maison, on lisait avec plaisir les conteurs du précédent siècle. Notez tout de suite que ce sont ces conteurs que l’on y choisissait, ces conteurs libertins, un peu secs, conviés cependant à la galanterie, tels que Laclos, Prévost, Crébillon le fils, car cela n’est peut-être pas sans influence sur la future carrière de Mérimée.

Il y a au sujet de l’enfance de Prosper une anecdote que l’on doit à Taine, dont Sainte-Beuve s’est servi et qui n’est d’ailleurs pas certaine. Prosper avait cinq ans ; ayant été puni et poussé hors de la pièce où sa mère se tenait, il se mit à pleurer. Lorsqu’on lui permit de rentrer, sa figure avait pris un tel aspect de désespoir pour une si petite cause que l’on rit. C’est à dater de ce jour que l’enfant aurait pris et tenu la résolution de toujours refouler ses sentiments.

dimanche 9 février 2020

Des élèves du cours complémentaire de garçons de Périers dans la tourmente de 1944. Marcel Cachet, le directeur, témoigne.



Périers après les bombardements (Arch. dép. Manche, Num 5783)

Parmi les villes de la Manche, Périers ne fut pas épargnée. Grandement détruite, la plupart des maisons et bâtiments n’étaient plus que ruines. Le cours complémentaire de jeunes filles n’avait pas résisté à l’incendie. Mme Marie *, la directrice, avait relaté les événements dans un ouvrage publié après-guerre et l’errance des élèves jusqu’à ce qu’elles soient enfin à l’abri.
Les garçons, eux, n’étaient plus dans leur établissement réquisitionné par l’occupant, mais répartis dans des maisons en ville au moment des bombardements. Il fallut quitter Périers. M. Cachet, le directeur et son équipe, prirent la décision d’accompagner un groupe d’élèves pour les mettre à l’abri dans la campagne. Les événements ont été relatés par Marcel Cachet. Ces écrits en forme de témoignage ont souvent été cités mais rarement publiés.
Le lecteur internaute se reportera volontiers aux travaux publiés par l’historien prisiais que fut Henri Levaufre* et, pour ce qui concerne les événements, à l’ouvrage publié en 2012 par l’Association des anciens et anciennes élèves des cours complémentaires de Périers : Périers et ses écoles, histoire et témoignages* et aussi à l’excellent article de Gilbert Martin, l’un des élèves concerné par l’épopée : « Un collégien de Périers dans la tourmente de juin-juillet 1944 », Revue de la Manche, tome 37, 1995, fasc. 148, octobre,  p. 64-71.
Les écrits de Marcel Cachet y sont souvent cités. Mais, à notre connaissance, rarement publiés dans leur intégralité. Nous devons à Colette Tirel-Dupont, qui possédait ces écrits, de nous les avoir confiés, avant sa disparition l’an dernier, pour les publier sur le site de la MHEM. C’est maintenant possible grâce à l’océrisation réalisée par Roland Steiner et à la mise en forme que nous avons effectuée. Le document original était de piètre qualité, cependant, rien n’a été modifié hormis quelques ponctuations rendues aléatoires par la reconnaissance de caractères.
Nous sommes heureux de pouvoir publier ce témoignage particulier d’un directeur de cours complémentaire plongé dans la tourmente, soucieux de la protection des jeunes qui lui étaient confiés.

* voir références en fin d'article.
Yves Marion
26 janvier 2020
Maj 8 février 2020
Marcel Cachet


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